Bijoux au parfum du passé
Le collage du mardi (21)
TheBigBoss
Lundi 17 novembre 2008 à 15h42 UTC
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Classé sous: Mon monde et moi & Kenya. Popularité: 2%
Le dernier week-end du mois d’octobre, nous sommes partis faire un petit tour au lac salé de Magadi, juste pour dire de sortir un peu de Nairobi et fuir le temps gris et pluvieux des hauts plateaux de la capitale.
Depuis le temps que l’on dit à Océlia “Un jour, on montera tout en haut de la montagne, celle-ci que tu vois là-bas, et on ira voir les Maasais derrière“. Cette montagne que l’on peut voir de notre terrasse s’appelle les “Ngong Hills“
. Pour ce qui connaisse un peu, et oui, c’est la fameuse montagne où le mari de Karen Blixen a été enterré (voir le film “Out of Africa“) et que l’on peut admirer du quartier chic de Karen (Nairobi).
Pour nous (et surtout Océlia),
c’est tout simplement la montagne que l’on peut voir de notre appartement.
Bon,
je n’aime pas faire le guide touristique, mais il faut bien passer par là de temps en temps.
C’est quoi ça ?? Magadi ?

C’est un lac, très peu visité par les touristes car il se trouve dans un endroit confiné au sud du Kenya, au bord de la frontière tanzanienne
.
Confiné ??? Oui, dans une cuve…
Et c’est pourquoi Magadi, connu essentiellement pour son lac rosé (et puant) composé de carbonate de soude (la plus grande réserve de carbonate de soude au monde), est ni plus ni moins un des endroits les plus chauds et secs du Kenya.

Une visite au lac de Magadi peut se faire facilement dans la journée à partir de Nairobi et la route est vraiment belle, cela vaut vraiment le coup. Une route maintenue par la société qui exploite le carbonate de soude.
D’ailleurs, il en est de même pour la ville de Magadi : une ville-industrielle (ou une ville fantôme) au milieu de nulle part avec piscine, terrain de golf, bâtiments, hôpitaux, etc. tout cela uniquement pour les employés. Et le plus bizarre, il y a même des trottoirs, des panneaux de signalisation, des dos d’ânes, bref, on se croirait dans une “ville européenne extradée en enfer”.
Le Rift Valley, c’est vraiment l’enfer !!
Vous avez surement entendu parlé du Rift Valley, cette longue coupure qui va des pays arabes au Mozambique, le berceau de l’humanité… Et bien, le Rift Valley se trouve aux portes de Nairobi, juste derrière les Ngong. Le paysage est magnifique : la route va jusqu’au sommet des Ngong Hills (
2 460 m), cette montagne à la forme de la “poignée de main de Ngai (Dieu) qui attrape le sol aride du Rift Valley” comme disent certains Maasais, pour ensuite littéralement plonger dans le chaudron infernal du Rift Valley.
Plus on descend, plus la température monte et le paysage devient aride et poussiéreux. Mirages et cyclone de poussière à l’horizon… Et après deux heures de route, on peut entrevoir le lac rosé de Magadi entouré de volcans pour la plupart encore actif (lire “Demon Days“, et oui, la terre tremble encore au Kenya, c’est pas très rassurant !!) PS. Heureusement que nous n’y sommes pas allés le week-end dernier, un camion rempli de carbonate soude s’est retourné, bloquant la route pendant 16 heures, gloups !!
Y a quoi à voir à Magadi !!
Ben, son lac salé pardi !!! Allez, un peu de géologie (beurk)… La plupart des volcans du Rift Valley sont couverts de cendres alcalines (composés de carbonate de soude) qui sont ensuite amenées par voie naturelle (ruissellement) dans les bassins lacustres (euh, cela va, on suit ?? ) pour y rester. Le lac Magadi
a très peu de voies de drainage, donc le carbonate de soude s’accumule dans le lac tandis que l’eau s’évapore à cause de la haute température pour laisser derrière elle ce lac extrêmement salé et ses algues microscopiques, nourriture favoris des flamants roses. PS. On peut voir aussi quelques photos “célèbres” de Magadi dans le livre de Yann Arthus-Bertrand (voir plus bas) ! La plupart de ses photos sont disponibles en fond d’écran à titre privé!
Sinon, comme dit plus haut, sa ville fantôme avec tous ses ouvriers en bleu de travail et casque à la YMCA et, pour les plus téméraires, sa source d’eau chaude.
Et notre petit tour alors ??
Et bien, il faisait vraiment froid en haut des Ngong Hills (que l’on appelle aussi “Baridi Corner“, comprendre “le coin froid“). Puis, on a fait du toboggan - comme dirait Océlia - en descendant, montant, descendant, tournant, descendant, etc… Après être totalement descendu dans le Rift Valley, l’air était chaud… Je pouvais mettre la main dehors en conduisant et sentir l’air chaud.
Une fois arrivée à Magadi, la première mission : trouver un endroit à l’ombre pour notre pique-nique !!! Même James Bond aurait du mal !! Trouver un coin d’ombre à Magadi, c’est comme chercher une aiguille dans du foin ! Bref, on va vers la gauche, direction les sources chaudes, là où il y a un petit préau ! Ouf !!
Arrêt pique-nique !!! Une chose qui est excellente au Kenya (en en Afrique en général, je suppose), c’est que l’on peut se trouver dans le trou du cul du monde, s’arrêter et ne voir personne, pour que deux minutes après, on se retrouve entourés de locaux !! Trop fort !! Des gamins sont venus s’asseoir autour de nous (ouahh!! des mzungus).
On a partagé notre repas avec quelques-uns, un super taboulé fait-maison, bon ils ont vraiment pas aimé… Ils ont goûté et craché ! Par contre, notre bouteille d’eau du robinet de 5 litres (que je prend toujours pour le radiateur de la voiture, croyez-moi, par expérience, cela sert) a été descendu en moins de deux.

Ensuite, distribution de bonbons !! Océlia a distribué un paquet de bonbons aux enfants, elle était trop contente et les enfants aussi… Mais quelques-uns ont aussitôt recraché les bonbons. Je me demande “A quand le jour où il y aura des bonbons goût viande (ou lait) de chèvre !!“. Océlia était ravie. On a parlé un peu avec les enfants (avec mon swahili-baragouiné), en gros d’écoles et… de vaches.
Puis, comme on avait du temps devant nous, direction les sources chaudes. Un enfant est monté avec nous (avec un nom imprononçable, QuenShish ??). J’ai bien rigolé à essayer de parler avec lui, tandis que l’on commençait à souffrir de la chaleur (et à compter la ration d’eau qu’il nous reste pour la journée). La piste pour aller au source chaude est agréable, on longe le bord du lac pour y voir des cigognes, des flamants roses, etc. et de temps en temps, on doit carrément traverser le lac, ce qui est surprenant, un vide à perte de vue à droite et à gauche.
Bon, QuehShish s’est gourré de route !!! On prend deux autres Maasais en route qui nous indique la bonne route, on s’embourbe un peu dans cette gadoue blanche et puante (vite, vite, on enclenche le 4×4) puis on arrive à la source d’eau chaude.
Etrangement, il y a une rangée de femmes Maasais vendant leurs colliers en perle près de la source d’eau chaude… qui est vraiment chaude d’ailleurs. Je suppose que l’eau devait faire 40 degré Celsius, bref beaucoup trop pour y nager (une veille légende, surement). Et bah, moment de non retour, Félix qui pleure, Océlia qui pleure car elle a peur des Maasais que l’on a pris en stop, trop c’est trop… On repart illico-presto. Les femmes Maasais, réalisant que l’on passera devant leur stand, courent vers notre voiture. Et là, je me demande: “Pourquoi restent-elles là ?? Il y a peut-être une ou deux personnes qui viennent par jour; et pourquoi, si cet endroit est dans tous les guides touristiques, elles ne peuvent pas foutre un p*tain de panneau !!”
On est sur la route du retour, toujours avec notre ami QuenShish qui nous montre le terrain de son père, et là, je lui pose la question qui tue “Do you have many vaches ??” (bon, c’est la fatigue), puis en swahili-baragouin “Je, una ngombe mingi ??” Mais, il était surement encore perturbé par ma question précédente - pendant que Peperuka se foutait gravement de ma gueule (d’ailleurs, elle m’a SMSé pendant trois jours “Do you have many vaches ?“)
On dépose QuenSish (après quelques cours de français, “oui“, “non“, “bonjour“) à l’entrée de la ville, puis l’askari (comprendre gardien), nous demande:
ASKARI - “Vous avez été aux sources chaudes ?”
NOUS - “Oui, oui, brièvement”
ASKARI - “Ah, parce qu’il faut payer 200 Kshs par personne pour soutenir la communauté Maasai”
NOUS - “Euh, non, non, on a voulu y aller, mais notre guide s’est trompé de route et on se dirigeait vers Natron”
ASKARI - “Ah bon, OK“
Stupéfaction !! Comme je le disais à Peperuka, il veulent surement 200 Kshs par personne pour mettre des panneaux de signalisation
Et oui, tout se paye dans ce pays, et encore plus en pays Maasai !! Au Kenya, des Maasais iront même vous réclamer de l’argent s’il vous voit photographier une montagne ou un paysage quelconque…
La route du retour fut plus longue que l’aller… Un peu stressante en voyant la gauge d’essence se vider et la petite lumière s’allumer (et en plus, il faut monter, gloups). Nous sommes rentrés à la maison vers les 20 heures, une journée bien remplie.
Mais au moins, Océlia a vu ce qu’il y a derrière la montagne !!
PS. Demain, je mettrai quelques nouvelles photos !!
Mots clés: bonbon, eau, Karen, kenya, lac, Maasai, Magadi, Mon monde et moi, montagne, mzungu, Ngong, océlia, Rift Valley, safari, Tanzanie, toboggan, vaches.
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